Plus chers, les matériaux durables ?

Déconstruction d’un préjugé en 5 points 📝


C'est une idée largement répandue et pourtant, les matériaux durables n'impliquent pas nécessairement un malus pour votre portefeuille, au contraire ! Voici pourquoi 👇


Des matériaux plus chers à l’achat ?


A force de standardisation, on en oublierait presque qu’il existe une grande diversité de techniques de construction et de matériaux. En pleine expansion, les filières de matériaux durables offrent aujourd’hui un large choix de matériaux biosourcés, d’origine minérale ou végétale, des matériaux circulaires ou issus du recyclage. Une diversité qui se traduit également dans les prix, de sorte qu’il existe des matériaux durables pour tous les budgets, du plus petit au plus conséquent !


D’autant que le coût des matériaux n’a qu’une incidence limitée à l’échelle d’un projet immobilier. En réalité, les matériaux représentent maximum 1/3 du coût de vos travaux, lesquels ne représentent à leur tour que 1/3 du coût total de votre investissement. Conclusion : les matériaux ne représentent que 1/9ème de vos coûts à l’échelle d'un projet ! Même s’ils étaient 10% plus chers, ce surcoût ne représenterait qu’une augmentation de 3,33% à l’échelle de vos travaux et de seulement 1,11% à l’échelle de votre projet. Ça donne matière à réfléchir, non ?


Et le coût de la main d’œuvre alors ?


Contrairement aux idées reçues, les matériaux durables ne sont pas synonymes d'artisanat. A l’ère de la technologie, ces matériaux sont, eux aussi, conçus pour les bâtiments modernes. En termes de format et de pose, ils sont donc assez proches de leurs homologues conventionnels. Si certains demandent des précautions particulières, c’est le cas de tous les matériaux de construction ! Il arrive même que les matériaux durables soient plus faciles à mettre en œuvre car ils demandent moins de précautions pour la santé et le bâtiment et se nettoient plus facilement.


En pratique, il arrive qu’un entrepreneur augmente le prix de la main d’œuvre lorsqu’on lui demande de travailler avec des matériaux durables, par méconnaissance ou crainte d’un travail plus long ou plus complexe. Alors, quelques conseils : demandez plusieurs devis, prenez le temps de les analyser calmement et n’ayez pas peur de poser des questions ! Si besoin, rappelez-vous que Natura Mater accompagne les architectes et entrepreneurs dans la transition 😉


Faire des économies grâce à la simplicité

L’utilisation de matériaux naturels, circulaires ou recyclés s’inscrit souvent dans une dynamique plus globale, éco-consciente. Et l’éco-conscience invite à la frugalité. Limiter la quantité, le nombre de couches et d’accessoires au profit d’une plus grande simplicité. Moins de matériaux mais mieux mis en valeur et sains. Une dynamique qui conduit automatiquement à optimiser les ressources et à éliminer quantité d’étapes superflues, économisant ainsi du temps et de l’argent.



Ainsi, un maitre d’ouvrage éco-conscient aura tendance à choisir un matériau pour ses propriétés techniques et à le laisser apparent, brut. Plutôt que de multiplier plâtre, primaire et plusieurs couches de peinture, il optera pour de l’argile, pour ses vertus hygrométriques, ou du liège, pour ses propriétés acoustiques. Pour un design simple et un confort intérieur supérieur. Les ressources seront optimisées, par exemple, en utilisant un seul matériau pour le plan de travail de la cuisine et les tablettes de fenêtres. Une démarche économique autant qu'écologique.


L'avenir appartient aux matériaux sains et durables


Au sein de l’Union européenne, la neutralité carbone devient l’objectif numéro un. Si les produits conventionnels conservent encore l'avantage des prix les plus bas, les politiques menées sont déterminées à inverser la tendance. Taxe carbone sur les matériaux importés, mesures fiscales pour inciter les entreprises à limiter les déchets de chantier et primes et surprimes pour encourager consommateurs et professionnels à privilégier la construction exemplaire.


Cette tendance rendra non seulement les matériaux durables plus attractifs mais elle conduira progressivement à l’obsolescence des matériaux polluants, contraints par des normes produit de plus en plus strictes. De même que certains véhicules sont progressivement interdits de circulation, les politiques menées en matière de construction n’évolueront que vers plus d'exemplarité. Optez donc pour des matériaux que vous pourrez valoriser à la déconstruction où à la revente !


Des primes à la rénovation à Bruxelles et en Wallonie

Il existe à Bruxelles et en Wallonie des primes permettant de financer une partie de vos travaux de rénovation, notamment ceux pour améliorer la performance énergétique de votre habitation. Il s'agit des primes Habitation, en Wallonie, et des primes à la rénovation et primes Energie, à Bruxelles. A ces primes s'ajoutent une surprime si vous utilisez des matériaux naturels ou biosourcés (en Wallonie, il doit s'agir de marques reconnues et labellisées).


Exemple : dans le cadre de travaux d'isolation, la région bruxelloise propose actuellement une prime à la rénovation de €20/ m² et une surprime de € 5/ m² si vous utilisez un isolant naturel.


Dans le cadre des primes Energie, la surprime est de € 15,00/ m², un montant encore trois fois supérieur et largement suffisant pour compenser un éventuel surcoût lié aux matériaux !


Attention toutefois : à Bruxelles, les primes à la rénovation et les primes Energie seront fusionnées dès le mois de janvier 2022 pour donner naissance à une prime unique, la nouvelle prime Renolution, dont on ne connait pas encore tous les tenants et aboutissants.


Affaire à suivre !