Brussels is mine ⚛️ Retour sur le débat de l'Archiweek

Cette année, le curateur de l'Archiweek était BC Materials et le thème insufflé à cette nouvelle édition : « Brussels is mine ». Une jolie manière de mettre à l’honneur la ville, ses opportunités et sa mine de matériaux, en ces temps où l’on a tendance à voir des mauvaises nouvelles partout.


Ayant participé au débat, nous avions envie de vous partager quelques-uns de ses moments forts.


S’inspirer des matériaux d’antan, mais aussi des pratiques commerciales

Saviez-vous qu'en Belgique, jusqu’au début du 20e siècle, c'était aux entreprises de faire une offre pour obtenir un chantier de démolition ? En fait, on considérait que les matériaux récupérés par l'entreprise avait une valeur intrinsèque à la revente. Une valeur supérieure à la celle des travaux de démolition. Par conséquent, l'entreprise allait s'enrichir grâce aux matériaux.


Ine Wouters est venue illustrer ce propos avec un bâtiment de l’ULB datant des années 1806. Fun Fact : sa façade a été revendue et se trouve maintenant à Woluwe-Saint-Pierre depuis plus de 100 ans. De quoi inspirer les prochains marchés publics ?


Un espace de liberté pour innover plus vite

Lorsqu'on restaure du patrimoine, on constate que certaines règlementations ne s'appliquent pas ou alors de façon plus clémente. On considère que le fait de conserver un patrimoine ancien justifie un traitement plus laxiste, notamment en termes de performance énergétique. Mais... ne construisons-nous pas le patrimoine de demain ?


L’urgence climatique nous impose d’innover et d’inventer de nouvelles pratiques constructives rapidement. Pourquoi ne pas autoriser la même tolérance envers les projets et architectes qui prennent le risque d'innover en durabilité ? Aujourd'hui, les contraintes sont telles qu'il est effrayant d'oser un matériau plus naturel, un nouveau complexe, un produit sans ATG...


Il n'y a pas d'innovation sans un minimum de liberté.


Des réglementations pas toujours compatibles avec des matériaux durables

Les réglementations que nous connaissons aujourd'hui (incendie, peb,…) sont nées avec les matériaux développés par l’industrie et leur font écho. Si l’on souhaite pouvoir se détacher de ces matériaux au vu de leur impact écologique, il faut que les réglementations évoluent de concert.


Les isolants biosourcés n'auront jamais un aussi bon λ qu’un PIR. Par contre, leur déphasage est bien supérieur. Si l’on veut pouvoir s’affranchir des isolants pétrochimiques, il faut adapter les réglementations qui rendent leur usage quasi incontournable.


Re-lier l’usage et le batiment

Construire durablement, c’est investir dans le long terme et la qualité. Pour créer de bâtiments résilients, il faut intégrer la réflexion sur la maintenance du batiment et l'usage des habitants dans le choix des matériaux. Après tout, le matériau le plus durable est celui dont la qualité survivra au temps, qui restera d'actualité et qui pourra être entretenu, réutilisé.


Pour cela, il faut sortir de la logique du prix le moins cher, qui délègue la question de l'entretien et des réparations à l’usager.


Une nouvelle esthétique en gestation

Les matériaux durables, la démontabilité, la reversibilité… Tous ces concepts alimentent les chercheurs et les architectes. Il en découle de nouvelles esthétiques qui deviennent de plus en plus visibles. Elles sont le fruit d’une vision ou la durabilité vient alimenter la créativité des architectes, en leur confiant un challenge vital, qui donne du sens à leur métier.


Partez à l’exploration de ces projets pour vous inspirer et créer votre propre vision d’une nouvelle esthétique durable. C'est un cheminement passionnant 😊


De l’espoir et de l’enthousiasme

A l’heure où les mauvaises nouvelles pleuvent et où le futur peut paraitre morose, dans la salle comble du Reset, la perspective d’avoir des solutions pour déjouer le status quo dans la construction a fait régner une ambiance résolument positive.


Pour paraphraser l’intervention d’une jeune architecte de 22 ans, qui a conclu la soirée : « Merci à tous les intervenants de montrer qu’il est possible de faire autrement ».